Historique de la Confédération Patronale Gabonaise

Au Gabon comme dans la plupart des États d'Afrique francophone, l'organisation des employeurs sur le plan interprofessionnel tire son origine de la mise en application du Code du Travail de la France d'Outre-Mer en 1953.

Ce code apportait et imposait une définition globale des relations du travail d'une part, mais impliquait l'élaboration d'une réglementation d'application à la préparation de laquelle les employeurs devaient, conformément aux normes internationales du B.I.T., être associés d'autre part  : il leur fallait donc disposer d'un organe de représentation. Ce fut le Comité de Liaison du Patronat de l'A.E.F. (COLPAEF).

Il s'agissait d'un organe de caractère fédéral, dont la structure était d'ailleurs parfaitement adaptée aux institutions publiques, lesquelles impliquaient en effet une hiérarchie des textes d'application récités, dont une bonne partie devait être commun à tous les Territoires de l'A.E.F.

Au Gabon, le Comité du COLPAEF s'est appuyé sur les Syndicats professionnels existants, notamment le SYCOMIMPEX-GABON, le Syndicat Professionnel des Usines de Sciage et de Placages du Gabon (S.P.U.S.P.D.G.) et, surtout, le Syndicat Forestier, seul à disposer alors d'un appareil administratif, qu'il mit bénévolement à sa disposition.

Par la suite, en considération de l'évolution institutionnelle (éclatement progressif de la Fédération), le COLPAEF se transforma en Union Interprofessionnelle de l'A.E.F. (UNIAEF).

C'est sous ces deux sigles, successivement, que le patronat gabonais se conforte au fil des ans et eut la possibilité de faire entendre sa voix dans les organismes officiels institués par le Code du Travail ou en application de celui-ci.

Cependant, le social étant inséparable de l'économie, le groupement - auquel était reconnue  la représentativité des employeurs - fut peu à peu conduit à étendre sa vocation à d'autres matières que la réglementation du travail proprement dite et ses à-côtés (régime de prévoyance sociale)

Il y a lieu de noter que, durant toute cette période, le patronat fut en liaison - non organique mais continue - avec le C.N.P.F., à travers le CELPUF (Comité d'Etudes et de Liaison du Patronat d'Outre-Mer), la législation et la réglementation locales étant étroitement inspirées de celles de la République Française.

Par ailleurs, tout au moins en ce qui concerne le Gabon, les employeurs s'accommodèrent longtemps de la faiblesse des structures purement professionnelles, des syndicats nouveaux n'étant constitués que pour l'élaboration et l'adoption des Conventions Collectives du Travail et N'ayant en somme qu'une existence légale, qui, dans certains cas, fut même fugitive (Petite  et Moyenne Entreprise - P.M.E.).

C'est dans ces conditions que, l'existence d'une Fédération régionale du patronat n'étant plus requise par l'organisation des Pouvoirs Publics, l'UNIAEF s'effaça au profit de ses Comités locaux qui s'érigèrent, plus ou moins rapidement, dans chacun des ex-Territoires, en organisations patronales à caractère national.

Au Gabon, cette mutation s'accompagne d'une refonte complète par l'adoption de nouveaux statuts et d'une structure appropriée à celle du Patronat. L'Union Interprofessionnelle du GABON (UNIGABON) vit le jour le 4 septembre 1959. Sa caractéristique était de grouper indifféremment des Syndicats professionnels et des entreprises affiliées à titre individuel (ou direct), répartis entre six secteurs d'activité, résultant du dédoublement des trois grands secteurs de base, primaire, secondaire et tertiaire.

Chacun de ces secteurs était représenté par deux personnes au sein d'un Bureau qui désignait un Président, trois vice-présidents et un trésorier général.

 

Avant le mois de septembre 1959, il existait huit organisations professionnelles :

  •     le Syndicat Forestier du Gabon, constitué en octobre 1942, ayant son siège à Port-Gentil  ;en décembre 1947, un groupement indépendant de ce syndicat fut créé, le Syndicat des Producteurs Forestiers de l'Estuaire du Gabon, avec deux sections, l'une à Libreville, l'autre à Paris  ; en octobre 1952, ces deux organismes fusionnaient sous l'appellation de Syndicat des Exploitants Forestiers du Gabon, qui, en juin 1956, reprenait la dénomination de Syndicat Forestier du Gabon;
  •    le Syndicat des Entrepreneurs de Travaux Publics et de Bâtiment, ainsi que des professions connexes, du Gabon, fondé en octobre 1952 ;
  •    le Syndicat Professionnel des Usines, Sciage et de Placage du Gabon, créé en décembre 1943;
  •    le Syndicat des Pharmacies du Gabon, constitué en avril 1956 ;
  •    le Syndicat des Transporteurs du Gabon, instauré en septembre 1954 ;
  •    le Syndicat des Transporteurs Africains de Libreville, né également en septembre 1954 ;
  •    le Syndicat des Commerçants Africains de Lambaréné, fondé en mars 1955 ;
  •    la Fédération des petites et moyennes entreprises de l'AEF, section de Libreville, instituée en décembre 1957.

En octobre 1959, un mois après la création d'Unigabon, plusieurs syndicats vont se constituer :

  •    le Syndicat des Entrepreneurs de Manutention du Gabon  ;
  •    le Syndicat des Compagnies de Navigation et de Consignation de Navires du Gabon  ;
  •    le Syndicat des Transitaires du Gabon   ;
  •    le Syndicat des Transporteurs Fluviaux.


Les années qui suivent verront l'apparition des groupements suivants :

  •    le Syndicat des Entreprises Minières du Gabon (1960) ;
  •    le Syndicat des Négociants en Bois et Courtiers du Gabon (1963).

En 1963, la dénomination fut changée (le sigle restant en l'état), pour devenir Union Interprofessionnelle Economique et Sociale du Gabon, afin de traduire l'extension croissante des compétences reconnues au groupement.

En 1971, en voulant tout à la fois tenir compte de l'accroissement du nombre des Syndicats professionnels et d'encourager à la constitution de ceux-ci là où ils faisaient encore défaut, une restriction de principe fut apportée à l'affiliation à titre individuel, tenue désormais pour une exception à la règle de l'adhésion par l'entremise d'un syndicat et réservée aux seules entreprises exerçant dans un secteur d'activité non organisé en syndicat.

 

En 1978, Unigabon devenait la Confédération Patronale Gabonaise (CPG), appellation reflétant mieux le caractère patronal de l'organisation d'une part, sa composition multi syndicale d'autre part.

Outre les changements d'appellation, notre institution a connu diverses modifications de ses statuts, expérimentant plusieurs formules de présidence et d'organes directeurs, avec le souci constant de s'adapter aux modifications de son environnement, et avec pour objectif d'allier démocratie et efficacité.


En ce début de millénaire, qui donne l'impression que tout va soudain changer, la Confédération Patronale  Gabonaise reste fidèle à sa ligne de conduite, et entend renforcer sa capacité à constituer une quadruple force :

  •   force de proposition vis-à-vis des pouvoirs publics, auxquels nous devons présenter nos voeux et suggestions en matière de politique économique et sociale, sans pour autant, bien au contraire, perdre de vue les équilibres fondamentaux du pays ;
  •    force de représentation dans les organismes où notre présence est statutairement prévue, notamment le Conseil Économique et Social, les conseils d'administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et de la fondation des hôpitaux de la Sécurité Sociale et de l'Office National de l'Emploi, toutes dans instances dans lesquelles il nous appartient de faire entendre notre voix sans pratiquer la langue de bois ; représentation également auprès du Bureau International du Travail, qui semble apprécier notre vision des rapports avec nos salariés et leurs syndicats ; représentation enfin auprès des instituions de Bretton Woods, Banque Mondiale et Fonds Monétaire International, auprès desquels nous avons acquis une crédibilité certaine ;
  •    force de négociation avec nos partenaires sociaux, qui savent comme nous que ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous divise ;
  •    force de service enfin à l'égard de nos adhérents, en leur fournissant la documentation la plus complète possible, en les aidant de nos conseils et en offrant de nombreux sémimaires conçus en fonction des besoins exprimés, animés par des intervenants membres d'entreprises établies au Gabon.