SIAM 2016 : le volet agricole de la Cop22 en débat à Meknès !

Vendredi, 29 avril, 2016 - 19:45

En marge de la tenue du SIAM 2016 , à Meknès ,  plusieurs ministres européens et africains(près d’une quinzaine ) , dont le Ministre d’Etat , Ministre de l’Agriculture , de l’Entreprenariat Agricole , chargé de la mise en œuvre du Programme GRAINE au Gabon , Mathieu MBOUMBA NZIENGUI ,  ont planché jeudi 28 avril, sur la composante agricole qui devrait être présentée  lors de la Cop22, prévue en novembre prochain à Marrakech.

Cette rencontre  ministérielle aura  exploré les actions entreprises en faveur de l’agriculture et la sécurité alimentaire dans la perspective de la COP22.

  

Outre S.E.M.Abdu Razzaq Guy KAMBOGO , Ambassadeur haut Représentant de la République Gabonaise, près le Royaume du Maroc , divers autres membres de la délégation gabonaise prenaient part à ce rendez-vous .

Dans son intervention , Monsieur le Ministre d’Etat Mathieu MBOUMBA NZIENGUI a rappelé tous les efforts et les différents angles déployés par le Chef de l’Etat et le Gouvernement gabonais pour faire face aux effets dévastateurs des changements climatiques et apporter des solutions aux problématiques que ceux-ci soulèvent. Toul en affirmant la solidarité du Gabon avec les autres parties du continent africain .

Le Ministre d’Etat , Ministre de l’Entreprenariat Agricole , chargé de la mise en œuvre du Programme GRAINE a , notamment mis l'accent sur la question de l'adaptation de l'agriculture aux changements climatiques, relevant qu'il est essentiel d'adapter les systèmes alimentaires pour promouvoir la sécurité alimentaire et atténuer la pauvreté, ainsi que pour assurer la gestion durable et la préservation des ressources naturelles. 

Tous les participants en ont convenu : l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques est au centre des débats et discussions au Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM 2016).

Particulièrement interpellé par cette actualité, Stéphane Le Foll, Ministre français de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. a déclaré à ce titre: «l’agriculture doit être perçue comme étant une partie de la solution pour la lutte contre le réchauffement climatique et non pas un problème».

Selon le responsable français,  «il n y a pas d’autre secteur que l’agriculture et la forêt qui soient en capacité de stocker du carbone, car la baisse des émissions du carbone et du gaz à effet de serre est un enjeu pour la réduction de ces émissions».

Ainsi, réagissant sur l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques, il a également souligné que pour réduire le stock des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, il faut capter du carbone et le stocker à travers la forêt et l’agriculture qui sont les deux activités qui permettront demain de le stoker.

Monsieur LE FOLL  a, de même, constaté que la dégradation des sols dans l’Afrique constitue un enjeu colossal, précisant qu’il avait proposé un secrétariat franco-marocain à Marrakech pour que l’initiative 4 pour 1.000 soit prête pour être mise en œuvre à l’échelle de la planète lors de la COP22, prévue en novembre prochain à Marrakech.

L’initiative « 4 pour 1 000 ». lancée officiellement  par le Ministre français de l’agriculture et portée par la recherche agronomique et agricole française, consiste à augmenter chaque année la matière organique des sols de 4 grammes pour 1 000 grammes de CO2 afin de compenser l’ensemble des émissions de Ges entropiqueLe ministre de l’agriculture souhaite que le Maroc s’empare de l’initiative pour la défendre et la promouvoir lors de la Cop22.

Toutes les parties  devraient tenir à partir des prochains jours des réunions afin de définir un agenda de travail, le mode opératoire et l'assise de la coopération évoquée .

Aziz AKHANNOUCH, Ministre marocain de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, a invité ses partenaires à rejoindre le Maroc dans une initiative pour l’agriculture africaine à porter jusqu’à la COP22 et au-delà.

Intitulée "AAA" ou "Triple A", cette initiative  qui aurait pour objectif d’ériger l’Adaptation, l’Afrique et l’Agriculture parmi les priorités à l’agenda de la COP22, permettrait de relever les trois principaux défis auxquels le continent fait face aujourd’hui :

1.    garantir des financements aux projets, en particulier ceux liés à l’adaptation des agricultures aux changements climatiques,

2.    œuvrer à l’augmentation de la productivité agricole

3.    et augmenter le pouvoir de séquestration des sols africains, avec un bénéfice double d’atténuation et d’adaptation, en ligne avec les recommandations de l’initiative « 4 pour 1000 ».

Pour  qu’elle réussisse, cette initiative agricole doit être celle de toute l’Afrique.

Dans une allocution vidéo diffusée à l’assistance, José GRAZIANO DA SILVA,Directeur Général de L’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) , a indiqué apporter son soutien dans la préparation de la conférence sur le climat (COP 22), prévue en 2016 à Marrakech, précisant que la FAO s’évertuait  à  identifier les besoins dans plusieurs secteurs dont l’agriculture, la foresterie et l’eau. Soulignant que le Royaume du  Maroc  bénéficiera de la riche expérience de l’organisation pour assurer la réussite de cette conférence.

De par les missions qui lui sont attribuées, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) met l'accent sur les dégâts causés à l'agriculture par les événements climatiques extrêmes, telles que la sécheresse et les inondations. À Paris, lors du Sommet mondial sur le climat (COP 21), qui s'est déroulé du 30 novembre au 11 décembre 2015, la FAO avait  présenté un rapport dans lequel il était  souligné que l'agriculture, la foresterie et la pêche, qui détiennent un potentiel formidable pour catalyser la réponse au changement climatique, devaient  être au cœur des préoccupations mondiales «à condition que la communauté internationale s'oriente vers des systèmes de production agricole plus résilients».

  

 

Diverses interventions de plusieurs experts ont évoqué  la nécessité de faire appel à des outils techniques et scientifique qui permettraient d'apporter une série de propositions visant la mise en œuvre de l'Accord de Paris.

Cette réunion aura  permis de lister tous les besoins en données scientifiques et techniques relatifs, entre autres, aux domaines de l'agriculture, de la pêche et de la dégradation des sols.

PRESSE ET COMMUNICATION AHRRGM